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Bibliothèque municipale d'Auneuil

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 11:50

Les derniers coups de coeur !


on ne voyait que le bonheurOn ne voyait que le bonheur/Grégoire Delacourt, editions JC Lattès, 2014

 

Antoine, la quarantaine, est expert en assurances. Depuis longtemps, trop longtemps, il estime, indemnise la vie des autres. Une nuit, il s'intéresse à la valeur de la sienne et nous entraîne au coeur de notre humanité. De son enfance meurtrie, abandonné par une mère qui, lorsqu'enfant il lui demandait : "est-ce que tu m'aimes ?", elle répondait : "A quoi ça sert !", à son mariage qui coule et ses deux enfants qu'il tient à bout de bras sur les longues périodes où leur mère vit ailleurs avec un autre jusqu'à ce soir où il perd pied. 

Roman bouleversant sur la violence denos vies et la force du pardon. 

le-jour-ou-j-ai-appris-a-vivre.jpgLe jour où j'ai appris à vivre/Laurent Gounelle - Editions Kero, 2014

Imaginez : vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais dans l'instant son regard se fige, elle devient livide. Ce qu'elle va finalement vous dire...vous auriez préféré ne pas l'entendre. A partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle.

 

C'est ce qui va arriver à Jonathan dans ce nouveau roman de Laurent Gounelle. A la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi pontuée d'expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie. Ce roman, dont l'intrigue est basée sur des expériences scientifiques réelles, éclaire d'une lumière nouvelle notre existence et nos relations aux autres, et apporte un souffle d'air pur dans notre vie.

 l-ile-des-oublies.jpg

L'île des oubliés/Victoria Hislop - Editions Les Escales, 2012

Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l'histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère, Plaka, en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face se dresse l'île de Spinalonga, la colonie où l'on envoyait les lépreux... et où son arrière grand-mère aurait péri.

Quels mystères recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ?

Saga familiale bouleversante et plaidoyer vibrant contre l'exclusion, L'Ile des oubliés a conquis le monde entier avec ses personnages inoubliables. Le livre nous conduit à une véritable leçon de tolérance.

le restaurant de l'amour retrouvé

Le restaurant de l'amour retrouvé/Ito Ogawa - Editions Philippe Picquier, 2013

Une jeune femme de 25 ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amou, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco, c'est son nom, cueille des grenades, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives (une seule table par jour) des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.

Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de cette jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour !


nos étoiles contraires

Nos étoiles contraires/John Green - Editions Nathan, 2014

C'est l'histoire d'Hazel, 17 ans, atteint d'un cancer des poumons que les médecins ne peuvent pas guérir. C'est l'histoire d'Augustus, 17 ans, en rémission d'un cancer de la hanche. C'est l'histoire de leur histoire, de la vie et de la mort et des gens qui se retrouvent coincés entre les deux avoir la rage et l'espoir de pouvoir basculer du côté qui leur permettra de savourer encore et encore ce qu'aimer veut dire.

Drôle, poignant et lumineux !

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 11:50

Les derniers coups de coeur !

 

le-jour-ou-j-ai-appris-a-vivre.jpgLe jour où j'ai appris à vivre/Laurent Gounelle - Editions Kero, 2014

Imaginez : vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais dans l'instant son regard se fige, elle devient livide. Ce qu'elle va finalement vous dire...vous auriez préféré ne pas l'entendre. A partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle.

 

C'est ce qui va arriver à Jonathan dans ce nouveau roman de Laurent Gounelle. A la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi pontuée d'expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie. Ce roman, dont l'intrigue est basée sur des expériences scientifiques réelles, éclaire d'une lumière nouvelle notre existence et nos relations aux autres, et apporte un souffle d'air pur dans notre vie.

 l-ile-des-oublies.jpg

L'île des oubliés/Victoria Hislop - Editions Les Escales, 2012

Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l'histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère, Plaka, en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face se dresse l'île de Spinalonga, la colonie où l'on envoyait les lépreux... et où son arrière grand-mère aurait péri.

Quels mystères recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ?

Saga familiale bouleversante et plaidoyer vibrant contre l'exclusion, L'Ile des oubliés a conquis le monde entier avec ses personnages inoubliables. Le livre nous conduit à une véritable leçon de tolérance.

le restaurant de l'amour retrouvé

Le restaurant de l'amour retrouvé/Ito Ogawa - Editions Philippe Picquier, 2013

Une jeune femme de 25 ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amou, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco, c'est son nom, cueille des grenades, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives (une seule table par jour) des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.

Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de cette jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour !


nos étoiles contraires

Nos étoiles contraires/John Green - Editions Nathan, 2014

C'est l'histoire d'Hazel, 17 ans, atteint d'un cancer des poumons que les médecins ne peuvent pas guérir. C'est l'histoire d'Augustus, 17 ans, en rémission d'un cancer de la hanche. C'est l'histoire de leur histoire, de la vie et de la mort et des gens qui se retrouvent coincés entre les deux avoir la rage et l'espoir de pouvoir basculer du côté qui leur permettra de savourer encore et encore ce qu'aimer veut dire.

Drôle, poignant et lumineux !

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 12:19

de-l-eau-pour-les-elephants.jpgDe l'eau pour les éléphants/Sara Gruen - Editions Albin Michel, 2007

 

Résumé : Durant la Grande Dépression, dans les années 30, les trains des petits cirques ambulants sillonnent l'Amérique. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur "plus grand spectacle du monde". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor où tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.

 

Vous en parler : Jacob perd ses parents brutalement alors qu'il doit passer son examen final pour devenir vétérinaire. Impossible d'écrire une ligne, il part sur la route et monte à bord d'un train qui l'emporte vers le monde incroyable du cirque. Dans cet univers de paillettes et de misère, il saura se faire des amis comme des frères, tomber amoureux de la belle Marlène, l'écuyère et rencontrer Rosie, l'indomptable éléphante avec laquelle il sera le seul à communiquer et à emmener loin de l'enfer. C'est plus qu'une belle histoire sur le cirque, c'est une fable où la lutte pour survivre entre gens de rien, artistes, phénomènes de foire et animaux en tout genre cimente les liens et rend peut être le monde moins violent.

Enfin, le choix de l'auteur de jouer sur deux regards tout au long du livre, celui de Jacob a 20 ans et Jacob à 93 ans offre en une seule lecture, deux univers : chapiteau-maison de retraire, deux rythmes : mouvement-inertie, un seul souvenir, celui d'un homme qui pensait avoir tout perdu et qui a trouvé tout ce qui comble une vie.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 11:35

les anges meurent de nos blessures-copie-1Les anges meurent de nos blessures/Yasmina Khadra - Editions Julliard, 2013

 

Résumé : Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable où il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux , connut la glore, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde où la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour se met parfois en grand danger.

 

Extrait : Je ne suis pas de ton milieu, ni de ta race, ni de ta culture. Et le monde ne se réduit pas à ta tribu. Dans ton monde à toi, la femme est le bien de son époux qui lui fait croire qu'il est son destin, son salut, son maître absolu, qu'elle n'est qu'une côte issue de son squelette, et elle le croit. Dans mon monde à moi, les femmes ne sont pas l'excroissance des hommes, et la virginité n'est pas forcément un gage de bonne conduite. On ne répudie pas son épouse, on divorce et chacun continue son chemin de son côté. (...) Et le crime d'honneur chez nous, est un crime tout court, aucune loi ne trouve de circonstances atténuantes encore moins de légitimité.

 

Vous en parler : J'attendais le nouveau "Khadra" avec patience dans une attente déjà comblée par le bijou que j'allais sûrement découvrir. Une fois de plus, Yasmina Khadra nous emporte grâce à une langue et une écriture fleuve, poétique, où le personnage principal, Turambo, boxeur algérien en lutte avec ses démons, côtoie gros bras, malfrats, prostituée et femme de tête. Tous à tourner autour, à prendre et à donner dans un univers fait de coups et de caresses. 400 pages qu'on tourne sans avoir vraiment envie d'arriver au bout.

 

muette.jpgMuette/Eric Pessan - Editions Albin Michel, 2013

Résumé : Muette, c'est le prénom d'une adolescente qui fuit, qui pars à travers champs, à travers bois, retrouver une grange délabrée, sa "cabane". Ce matin, elle s'est décidée. Elle a mis quelques affaires dans un sac, des biscuits, de l'eau, pris son duvet. Elle ne reviendra pas, elle ne jettera pas un regard en arrière, sans doute de peur d'être statufiée et de devoir renoncer. 

 

Extrait : La nuit, déjà, et Muette écoute vibrer les insectes, glissée jusqu'au nez dans son sac de couchage. Elle a chaud mais ne peut se résoudre à se découvrir. Dehors, dans le grand monde, des gens courent à sa recherche, elle n'a plus de doute à ce sujet. Elle y est. Elle a grand ouvert les portes de sa vie".

 

Vous en parler :Par sa maîtrise de la langue au plus près des émotions, Eric Pessan nous dresse le portrait touchant de cette jeune fugueuse dont on entend toujours la voix alors qu'elle parle à peine. Entrecroisés à son ressenti, à ce qu'elle vit, ce qu'elle voit, ce qu'elle pense, les phrases assassines de ses parents qu'elle entend depuis trop longtemps. Ces mots comme des petites gifles, des petits coups de couteau, ces mots qui abîment et vous poussent un matin à filer sous le vent. On aimerait prendre Muette par la main pour la bercer et lui dire "Viens".

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 17:48

sylvain-tesson-copie-2.jpgDans les forêts de Sibérie/Sylvain Tesson - Editions Gallimard, 2012

Résumé : Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant 6 mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux. Je crois y être parvenu. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence, toutes les choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu'il y aura une cabane au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

 

Vous en parler : Sylvain Tesson, l'écrivain-voyageur n'en est pas à son premier périple. Avec Dans les forêts de Sibérie, il part vivre dans une petite cabane au fond d'un bois près d'un lac au milieu d'une nature totalement sauvage. Pour lui tenir compagnie, une malle de livres qu'il nous fait découvrir ou redécouvrir, de l'alcool et des cigarillos. Viendront par la suite ses rencontres avec les amis russes, haut en couleur, avec qui il partage sa table et son eau de vie, deux chiens, un ours et une petite mésange... Les journées s'enchaînent et ne se ressemblent pas et nous le suivons dans ses randonnées, dans sa poésie, observons et écoutons avec lui le bruit que fait le silence. Et c'est bon...

 

Extraits : J'ai vécu une existence resserrée autour de gestes simples, regardé les jours passer, coupé du bois, pêché mon dîner, beaucoup lu, marché dans les montagnes et bu de la vodka, à la fenêtre. Au fond de la taïga, je me suis métamorphosé. L'immobilité m'a apporté ce que le voyage ne me procurait plus. (...) Je pense au destin des visons. Naître dans la forêt, survivre aux hivers, tomber dans un piège et finir en manteau sur le dos des rombières dont l'espérance de vie sous les futaies serait de trois minutes...Si encore les femmes couvertes de fourrure avaient la grâce des mustélidés qu'on écorche pour elles. (...) Le soleil disparaît à 17h. L'ombre gagne la clairière et la cabane s'assombrit. Je trouve à l'angoisse une antidote à effet immédiat : quelques pas sur la glace. Un simple coup d'oeil à l'horizon me convainc de mon choix : cette cabane, cette vie-là. Je ne sais pas si la beauté sauvera le monde ; elle sauve ma soirée. (...) Moi qui courait après chaque seconde pour leur faire rendre gorge et en extraire le suc, j'apprends la contemplation...

 

 

liste de mes enviesLa liste de mes envies/Grégoire Delacourt - Editions JC Lattès, 2012

Résumé : Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu'elle peut désormais s'offrir ce qu'elle veut, elle se pose la question : n'y a -il pas beaucoup plus à perdre ?

Vous en parler : Jocelyne est marié avec Jocelyn, ensemble ils ont eu 2 enfants. La 3ème est morte à la naissance. Jocelyne aime son homme, ses enfants qu'elle ne voit plus beaucoup, son métier, son blog Jodixdoigtsdor.com auquel se connecte de plus en plus de femmes esseulées, ses deux copines, soeurs jumelles, coiffeuses de métier et accrocs à un jeu fort connu : le loto.

 

Vous en parler : Jocelyne a une vie simple, remarque ici et là quelques aspirités, quelques couacs, ce qu'elle a râté peut être, cette enfant qu'elle a perdue, son homme qui a bu et noyé son chagrin dans ses bières et sa violence contre elle mais elle pardonne Jocelyne, elle aime. Un jour, encouragée par ses copines, elle joue au loto et elle gagne... C'est une écriture simple, comme issue d'un journal intime, on y découvre les joies et les malheurs d'une femme sans histoires, une liste d'envies à laquelle il faudra résister, s'abandonner pour continuer ou renaître. J'écris et je m'aperçois que mon coup de coeur est moins pour le roman que pour Jocelyne elle-même.

 

Extraits : Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. Mais je ne suis pas riche. Je possède juste un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes, plié en huit, caché au fond d’une chaussure. Je possède juste la tentation. Une autre vie possible. Une nouvelle maison. Une nouvelle télévision. Plein de choses nouvelles. Mais rien de différent. (...) Ce qu'on a vécu de beau devient-il laid parce que la personne qui embellissait votre vie vous a trahi ? Le cadeau merveilleux d'un enfant devient-il ignoble parce que l'enfant est devenu assassin ?

 

 ballade_de_lila-k.jpgLa ballade de Lila K/Blandine Le Callet - Editions Stock, 2010

Résumé  : Une jeune femme, Lila K, fragile et volontaire, raconte son histoire. Un jour, des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un centre, mi-pensionnat, mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, associale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrange dans lequel les livres n'ont plus droit de cité...

 

Vous en parler : Pour Lila, tout s'est arrêté le jour où des hommes casqués, tout en noir, ont défoncé la porte, plaqué sa mère au sol, puis emprisonnée dans une camisole. Ce qu'elle se souvient : le regard de sa mère sur elle, cette mère qui papillonnait des yeux comme pour lui dire : « Au revoir, mon bébé. Je t'aime. Je t'aime». Nous sommes en l'an 2095.
Lila, 6 ans, suite aux « maltraitances » dont elle a été victime durant son enfance, se retrouve placée dans un Centre de rééducation. Dans un monde insensé aux règles implacables édictées par les « étroits ». Elle va devoir apprendre à parler, à marcher, à supporter le contact avec la nourriture, la lumière et les contacts physiques, pour se reconstruire et approcher la vie.
Son seul objectif, malgré les supplices endurés, consistera à mener son enquête pour retrouver la mémoire – perdue pour cause d'amnésie - retrouver son passé et retrouver sa mère.
L'histoire est prenante, la progression constante distillée dans un style froid et concis à l'image de la détresse  de Lila. On plonge dans un monde futuriste où tout est réglementé, filmé, contrôlé, mis en conformité... Moi qui n'est pas attirée par les romans d'anticipation, je me suis laissée faire et j'ai vraiment apprécié.

 

Extraits : C'est étrange, je ne me suis jamais imaginé de famille en dehors de ma mère. Je n'ai jamais pensé que je pouvais avoir quelque part des oncles, des tantes, des grands-parents. Pour moi, il n'y avait qu'elle. L'intuition était bonne : Lila K, née de père inconnu et d'une mère enfant trouvée. Mon arbre généalogique ne ressemble pas à grand-chose, il faut bien le reconnaître. Deux rameaux coupés court. Le destin a eu la main lourde, côté sécateur. (...) “On passe sa vie à construire des barrières au-delà desquelles on s’interdit d’aller : derrière, il y a tous les monstres qu’on s’est créés. On les croit terribles, invincibles mais ce n’est pas vrai. Dès qu’on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu’on ne l’imaginait.”  (...) C’est cela, sans doute, faire son deuil : accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu’un être essentiel à sa marche en a été chassé.

 

Postés par Cathy

 

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 16:03

 

valise_livres.jpgTrois semaines de vacances loin de la bibliothèque et pourtant toujours connectée au "précieux", au trésor qu'elle recelle puisque je suis partie  en remplissant ma valise d'une dizaines de livres, rajoutant au poids des mules et nombreux t.shirts bariolés que bien évidemment je n'ai pas mis ou si peu. "Dis-donc Cathy, tu connais pas les e.books ? Tu sais, les tablettes électroniques où tu peux empiler des dizaines et des dizaines de bouquins !"...

 

J'aime le poids des livres, leur parfum ; j'aime tourner la page avec mes doigts, y glisser un marque-page fait main, j'aime laisser un livre sur un banc, duquel il aura disparu le lendemain pour réapparaître deux jours plus tard au même endroit, j'aime les écrivains.  

Les lectures m'ont accompagné partout ; j'ai savouré les mots près de l'océan, au milieu des pins, sous la couette et dans le transat.

 

Ce n'est que moi qui le dis mais voici quelques pépites que je partage bien volontiers avec vous.

 

coeur_cousu.jpgLe coeur cousu/Carole Martinez - Editions Gallimard, 2007

Résumé : "'Ecoutez, mes soeurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...

 

Extrait : Commença alors pour ma mère la période des fils de couleurs.
Ils avaient fait irruption dans sa vie, modifiant le regard qu'elle portait sur le monde.
Elle fit le compte : le laurier-rose, la fleur de la passion, la chair des figues, les oranges, les citrons, la terre ocre de l'oliveraie, le bleu du ciel, les crépuscules, l'étole du curé, la robe de la Madone, les images pieuses, les verts poussiéreux des arbres du pays et quelques insaisissables papillons avaient été jusque-là les seuls ingrédients colorés de son quotidien. Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boîte qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet.
Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge.
 

Vous en parler : Le Cœur cousu est un récit palpitant, superbement écrit. Premier roman de Carole Martinez, écrivaine, professeur de français dans un collège à hisIssy les Moulineaux qui dit vouloir écrire des histoires entre le conte et le roman. Le Coeur cousu est inspiré des histoires que lui racontaient sa grand-mère autour des grandes légendes espagnoles.  Chaque personnage mériterait  un roman à lui tout seul. On y trouve un homme qui sent le parfum de ses oliviers, un ogre, un révolutionnaire, une femme-enfant solaire, une autre qui donne la mort avec ses baisers... Cela parle d'une mère et de ses enfants, des filles, de la transmission de secrets, de prières, de croyances et de superstitions, d'une boite magique mystérieuse, d'amour et de douleurs, de beauté, de peurs...d'une fratrie extraordinaire. J'ai adoré !

  

carole-martinez.jpgDu domaine des murmures/Carole Martinez - Editions Gallimard, 2011

Résumé : Nous sommes au Moyen Age, au XIIème siècle, en France. Pour éviter un mariage qu'elle ne désirait pas, Esclarmonde  répond "non" lorsque le prêtre lui demande si elle veut épouser l'homme qui se trouve à ses côtés. et le sort des femmes à cette époque Elle dit s'être vouée à Dieu et selon son propre souhait, veut être emmurée vive dans une petite chapelle qui lui servira de tombeau puisqu'elle n'en sortira jamais. Tout nous apparaît alors qu'à travers de la petite fenêtre aménagée dans le mur de son cloître. Immobile, seule, coupée du monde, l'héroîne n'en est que plus lucide et va devenir au fil du temps d'abord la curiosité à aller voir puis la conseillère, l'élue qui partage sa clairvoyance et sa philosophie spirituelle. Jusqu'au jour où l'endroit va lui paraître bien exigu et contraignant...

 

Extrait : Je suis l'ombre qui cause. Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.À toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées. J'ai tenté d'acquérir la force spirituelle, j'ai rêvé de ne plus être qu'une prière et d'observer mon temps à travers un judas, ouverture grillée par où l'on m'a passé ma pitance durant des années. Cette bouche de pierre est devenue la mienne, mon unique orifice. C'est grâce à elle que j'ai pu parler enfin, murmurer à l'oreille des hommes et les pousser à faire ce que jamais mes lèvres n'auraient pu obtenir, même dans les plus doux des baisers.
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle.

 

Vous en parler : Et bien oui, un livre en appelle un autre et l'on ne peut découvrir Carole Martinez sans être attirée par les deux superbes histoires qu'elle nous conte. "Du domaine des murmures" (Prix Goncourt des lycéens 2011, Coup de coeur du Point 2011) est un roman d'une finesse rare où l'on parle de la condition féminine, du sort des femmes qui pour échapper à leur sort n'ont d'autre choix que d'être emprisonnée. Pour être libre se faire emmurer... Ecriture puissante, portrait lumineux de cette femme et de ceux qui l'entourent. Un roman, que dis-je, une merveille !

 

dix_enfants_madame-ming.jpgLes dix enfants que madame Ming n'a jamais eus/Eric-Emmanuel Schmitt - Editions Albin Michel, 2012

Résumé : Madame Ming aime parler de ses 10 enfants vivant dans divers lieux de l'immense Chine. Fabule-t-elle, au pays de l'enfant unique ? A-t-elle contourné la loi ? Est-elle un peu folle ? A-t-elle tout inventé ? Dans les  toilettes aux sous-sols de ce grand hôtel, madame Ming raconte.

 

Extrait : La tête ronde d'une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore désséché. Sitôt qu'elle s'exprimait, elle s'avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l'esprit. Madame Ming trônait sur son trépied, au sous-sol du Grand Hötel en cette province de Guangdong, au coeur de l'immense Chine, entre les carreaux de céramique blanche et les néons éblouissants, dans ces toilettes pour homme à l'odeur de jasimin où elle exerçait la charge de dame pipi.

 

Vous en parler : Dans les toilettes du Grand Hôtel, madame Ming est Dame Pipi aux latrines des hommes, cite volontiers Confucius - célèbre philosophe chinois-, parle de ses enfants avec amour et fierté, pose un regard humain sur la foule de mâles qui défilent chaque jour devant elle. Eric Emmanuel Schmitt dresse encore un portrait juste et brillant en délivrant des messages positifs et encourageants. Le titre nous dit tout et pourtant on ne cesse de s'interroger sur la véracité des propos de cette mère bouleversante. A lire d'un trait.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 15:21

a ce soirA ce soir/Laure Adler - Gallimard, 2001

 

Résumé : Le 13 juillet, Rémi est mort. C'était mon petit garçon. Ce soir, au moment de prendre mon bain, j'ai enlevé ma montre, une montre offerte par l'homme que j'aime et où l'artiste a inscrit sur le cadran, en demi-cercle, "A ce soir". J'ai constaté que le cadran était totalement embué. On dit que la peur crée des sécrétions toxiques. A ce soir était comme effacé. La date, elle, était bien visible.

Treize juillet. Dix-sept après la mort de Rémi. Ce livre s'est imposé à moi juste après. Il a surgi de la nuit.

 

Extrait : "Je suis entrée la première dans la cage de verre. Rémi regardait fixement devant lui, comme fasciné par une couleur, une lumière. De lui, se dégageait une sorte de calme, de force. Tout de suite, j'ai compris qu'il avait décidé de se battre. Les médecins disent souvent -que le désir de vivre compte pour beaucoup dans l'issue d'une lutte- Cela parait stupide de l'avouer, j'ai ressenti alors pour lui une sorte d'admiration. Peut-on admirer un petit enfant qui apprend à marcher et qui ne sait que gazouiller ? Pour conserver cette énergie, il avait décidé de s'isoler : des médecins mais aussi de nous. Quand je me suis approchée pour l'embrasser, il n'a pas détourné le regard. Derrière mon masque, étais-je devenue une infirmière de plus ? Sans doute. J'ai pris sa main et l'ai veillé près de cet immense lit où il était sanglé."

 

Vous en parler : Laure Adler est journaliste et une femme de lettres célèbre. Elle raconte dans ce récit comment elle a survécu à la mort de son fils. Ce sont des souvenirs, ceux d'une grossesse inattendue et heureuse, des moments fragiles puis l'arrivée du bébé, les échanges entre la mère et l'enfant. Puis le drame, ce qu'on ne prévoit pas, ce qu'on ne comprend pas. Des images d'une mort violente, le difficile travail du deuil quand le temps ne veut rien lâcher. Laure Adler partage dans ces lignes une expérience intime sans forcer l'émotion. Simplement, avec sobriété. C'est implacable.

Coup de coeur !

 

soir de décembreUn soir de décembre/Delphine le Vigan - Editions JC Lattès, 2005

 

Résumé : Matthieu Brin, 45 ans, publicitaire, une femme et deux enfants. Il a écrit un livre qui a connu un grand succès et obtenu un prix littéraire. Il reçoit des lettres d'admirateurs mais n'arrive plus à écrire autre chose. Un jour, il découvre la lettre d'une femme, une lettre étrange, différente qu'il relit plusieurs fois mais ne range pas avec les autres. Cette femme, il s'en souvient peu à peu, il l'a reconnaît.

" Un soir de décembre", c'est l'histoire d'une femme qui écrit à un homme qu'elle a passionnèment aimé et jamais oublié. L'histoire d'une faille soudaine dans la vie de cet homme, d'un couple rattrapé par l'usure du temps. Les certitudes s'estompent, le passé ressurgit et l'envie d'écrire renaît...

 

Extrait : "J'ai lu ton livre, c'est un boomerang. Laisse-moi, à mon tour, te raconter une histoire. Tu sais là où les histoires commencent : un supermarché, un train ou au fond d'un café, là où les vies se frôlent, se croisent et parfois se percutent. Laisse-moi te dire les premiers mots d'une histoire que tu as peut être oubliée..."

 

Vous en parler : On ne présente plus Delphine Le Vigan qui entre "Jours sans faim", "No et moi" ou encore le plus intimiste et achevé de tous (c'est un avis purement personnel que je vous livre !) "Rien ne s'oppose à la nuit", nous propose ici un très beau texte juste et précis. Au fil des pages, il est question de désir, de mémoire, de sentiments, de sens de l'existence.Elle pose ici un regard épuré sur l'amour, le quotidien, la chair et ses faiblesses.

Coup de coeur !

 

hypothese des sentimentsL'hypothèse des sentiments/Jean-Paul Enthoven - Editions Grasset, 2012

 

Résumé : Pendant quelques mois, Max et Marion vécurent chacun des moments que la vie réserve aux amants intelligents. Ils goûtèrent avec étonnement au privilège d'apensanteur qui accompagne les grands embrasements réussis. Une valise rouge se trompe de destinataire à la réception d'un hôtel à Rome. Max, la quarantaine, célibataire et sans enfant, scénariste confirmé ouvre, de retour à Paris, celle d'une femme qu'il ne connaît pas. Il y découvre un certains nombres d'affaires personnelles : des jolies dessous en soie, des escarpins très féminins, des somnifères et des tranquilisants,  mais surtout son journal intime qu'il estime pouvoir lire... Chaque objet trouvé dans cette valise jouera un rôle décisif dans l'intrigue qui débute...

 

Extrait : Tout était parfait dans la lumière de Rome. Des façades ocre et carmin, la chair des statues, des glycines bouillonnant aux balustres, les bruits frais du jour qui commence. Une abondance d'air flexible qui, à Rome, dispose chaque chose sous son profil idéal. On pourrait allonger la liste à plaisir : détailler l'ombre démesurée des pins parasols, les fragrances mêlées d'essence et de cappucino, la qualité de la poussière et la beauté des femmes...Dans cette ville, les prétextes lyriques se bousculent, il y en a trop. Chacun ajoutera donc ici, selon son tempérament, l'un ou l'autre des enchantements à jamais disponibles dans n'importe quel début d'été italien.

 

Vous en parler : Jean-Paul Enthoven est éditeur et critique littéraire. Il se livre avec "l'hypothèse des sentiments" à un jeu avec le lecteur sur les possibilités multiples qu'une histoire d'amour peut prendre en évoquant souvent plusieurs hypothèses tout aussi crédibles et envisageables. On y prend goût, on s'attache à Max et Marion, à leur jeu de séduction, à leur façon de vivre la relation d'une façon totalement imprévue d'abord, opposée puis de plus en plus soutenue et enflammée. Le livre est ponctué par des bas de pages où sont notées des descriptifs précieux qui ouvrent encore des voies.

Coup de coeur !

 

 Postés par Cathy

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:22

et_nietzsche_a_pleure.jpgEt Nietzsche a pleuré/Irvin Yalom - Editions Galaade, 2007

 

Résumé : Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé aborde le Dr Breuer, ancêtre de la psychanalyse et mentor du jeune Sigmund Freud. Elle vient le solliciter afin qu'il aide son ami, Friedrich Nietzsche à se débarasser de son désespoir. Après l'échec de son ménage à 3 avec Lou et son ami Paul Rée, Nietzsche est plongé dans un sentiment si noir qu'elle a peur pour sa vie.

 

Extrait : "Il est de mon devoir, répondit le Dr Breuer, d'apporter du réconfort à mes patients. Parfois la tâche est ingrate et il est des mauvaises nouvelles que je ne peux annoncer ; parfois je me dois de garder le silence et de supporter la doubleur pour lui et sa famille. "Mais ce genre d'obligation, rétorqua Nietzsche, va à l'encontre d'un devoir plus fondamental encore : celui, pour chaque être humain, de découvrir la vérité. Qui peut déterminer ce que quelqu'un est prêt à entendre, ne veut pas savoir ?

"J'ai un ami de trente ans, très malade que je soigne. Je sais très bien qu'il ne rentrera pas chez lui mais je ne me résoue pas à lui dire. Quand je l'ai quitté ce matin, il m'a dit "Je m'en remets à la main de Dieu", qui oserait dire que cela n'est pas une forme de vérité".

"Qui ? Nietzsche pointa le doigt vers lui même : Moi, j'ose le dire! On accède à la vérité par l'incrédulité et le scepticisme, non par le désir puéril que les choses soient comme on veut qu'elles soient ! Ce n'est pas la vérité qui est sacrée, mais la quête de sa propre vérité. L'acte le plus sacré est la recherche de soi. Mon oeuvre philosophique est bâtie sur du sable, disent certains, mes opinions évoluent en permanence. mais l'un des principes gravés dans le marbre est le suivant : "Deviens qui tu es". Comment peut-on découvrir qui l'on est sans la vérité ?"

 

Vous en parler : Irvin Yalom a imaginé la rencontre entre Breuer, un des pères fondateurs de la psychanalyse et Nietzsche, grand philosophe, auteur du Gai Savoir ou de Humain, trop humain. Véritable partie d'échecs entre les deux hommes, pétris d'intelligence, de finesse et d'une grande humanité qui vont finalement conclure un pacte pour se sauver et se guérir l'un l'autre. Sous la plume d'Irvin Yalom et son écriture dense, tout est limpide, tout est possible et c'est sans relâche qu'on poursuit le fil de l'histoire tant elle est vivante et palpable. Le jeu entre les différents personnages, tous extrêmement bien croqués par l'écrivain et qui ont chacun leur importance au déroulement et à la compréhension des échanges du binôme, les notes que l'un et l'autre prend après les différents entretiens qu'ils s'accordent et tout ce qui fait avancer la rencontre et l'amitié grandissante entre ces deux hommes sont tout simplement impeccable.

Un vrai coup de coeur en ce début d'année !

Posté par Cathy

 

si_vs_recevez_cette_lettre.jpgSi vous recevez cette lettre/Sarah Blake - Editions Calmann-Lévy, 2011

 

Résumé : 1940. La France capitule, les bombes pleuvetn sur Londres et le président Roosevelt promet d'épargner à ses boys une guerre qui ne les concerne pas.  Pourtant, la journaliste Frankie Bard, qui couvre les évènements pour la radio américaine, ne veut rien tant que sensibiliser ses compatriotes au conflit.

Dans un petit villade du Cap Cod, deux femmes écoutent les récits poignants de la reporter : Iris James, la receveuse des postes dont l'amant guette une offfensive sous-marine allemande, et Emma Fitch, jeune épouse d'un médecin idéaliste qui part soigner les victimes du bombardement pour se laver d'une dette inavouable.

Entre le continent épargné et celui déchiré par la guerre, les destins de ces 3 femmes s'entremêlent. Ils se lient au sort des populations qui sillonnent les routes en quête d'un improbable refuge, aux témoignages des uns et des autres et à celui des hommes qu'elles aiment.

 

Extrait : "Vous délirez complétement, répliqua-t-elle avec colère. Dehors, les choses n'obéissent qu'au hasard, un hasard infernal. Des accidents incompréhensibles se produisent chaque nuit. Un homme appelle son fils pour qu'il vienne se mettre à l'abri et durant les secondes où l'enfant court, durant les quelques pas qui les séparent, le gamin est touché, tué..."

"Ecoutez, je suis venu à Londes parce que j'avais une notion insensée de l'ordre. Une de mes patientes est morte et j'ai cru que je devais aller là où je pourrais me rendre le plus utile, aider les gens, barrer le chemin à la mort. Mais c'était une illusion.  On ne barre le chemin à rien, on reste témoin".

 

Vous en parler : Le livre commence par notre rencontre avec la reporter, Frankie Bard, devenue âgée, elle participe à un dîner où il est sujet de la seconde guerre mondiale. Après avoir entendu quelques âneries à la table des convives, elle décide subitement de raconter son histoire et celle la plus incroyablement bouleversante qu'elle a vécu des années plus tôt. Le décor posé, nous voici plongés, dans les combats violents de la guerre, les métros dans lesquels on se réfugie pour survivre. On entend les bombes et la voix de cette femme au micro de cette radio qui n'en finit pas de raconter l'horreur. Puis, on bascule vers ces deux autres personnages, Iris et Emma, courageuses et fragiles à la fois, à corps perdus dans leur histoire d'amour et leur passion pour ce qu'elles ont entrepris, pour l'une son travail et pour l'autre son mariage. Et de l'une à l'autre, d'un continent à l'autre, des liens se tissent et vont former un passionnant ouvrage magnifiquement écrit, édifiant.

Posté par Cathy

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 12:27

rideau dechireLe rideau déchiré/Jodi Picoult - Editions Presses de la Cité, 2009

 

Résumé : Elevée par Andrew, son père, Delia Hopkins a connu une enfance heureuse dans le New Hampshire. C'est alors qu'elle s'apprête à se marier qu'elle découvre que son père est recherché par la police depuis vingt-huit ans pour l'enlèvement de Bethany Matthews, qui  n'est autre qu'elle-même... Sous le choc, la jeune femme cherche la vérité, au risque de bouleverser sa vie et celle de ses proches.

 

Extrait : J'ai passé tant de temps à l'imaginer...Elle pleurera en me voyant, elle me serrera dans ses bras au risque de m'étouffer...Elle aura du mal à trouver des mots assez forts pour me dire combien elle m'aime. Mais si elle est toujours en vie, pourquoi ne s'est-elle jamais donné de mal pour me retrouver ? J'ai toujours rêvé d'une mère qui se battrait bec et ongles pour qu'aucune force ne puisse nous séparer. Qui donnerait sa vie pour ne pas me perdre. Uen mère qui se comporterait exactement comme mon père...

 

Vous en parler : Très beau roman sur le choix d'un père divorcé qui, pour préserver sa fille d'une vie chaotique, ne la rend pas à sa mère à la fin d'un week-end de visite. Lorsque la vérité éclate, la vie de l'enfant, qui est devenue une jeune mère équilibrée, bascule. Qui est donc ce père ? Un monstre qui l'a privé de sa mère ? Ou un père aimant par dessous tout sa fille ?

Cette histoire vraie est bouleversante. Un vrai coup de coeur ! 

 

infant_parme.jpgL'infant de Parme/Elisabeth Badinter - Editions Fayard, 2008

 

Résumé : Au milieu du XVIIIème siècle, le petit infant de Parme, Ferdinand, est l'objet d'une expérience sans précédent. Désirant en faire un prince moderne, sa mère, Louise Elisabeth, fille de Louis XV, lui donne pour instituteurs l'élite des philosophes français. Convaincus que l'éducation fait l'homme, ils vont pouvoir expérimenter sur lui le bien-fondé de leurs théories. Alors que toute l'Europe des Lumières à les yeux tournés vers lui, l'enfant porte sur ses frêles épaules les espoirs de la nouvelle philosophie. Deviendra-t-il le prince éclairé que chacun espère ?

 

Extrait : "A quel prix ? Ni le précepteur ni le gouverneur n'en disent mot. Seul le barbier...s'étonne d'un emploi aussi chargé et "regrette qu'on le tienne enfermé sans répit à l'étude, à la stupéfaction de tout le monde". Ferdinand ne s'en plaint pas, mais note à plusieurs reprises qu'il est souvent grondé, puni et châtié. A cette époque, nul ne voit à redire à cette éducation sévère et rigoureuse.

 

Vous en parler : Ce "petit" livre, entre essai et biographie, entre histoire et sociologie, se lit d'un trait pour celui ou celle qui est passionné parle VXIIIème siècle, l'éducation des enfants et l'influence qu'ont pu avoir les philosophes des Lumières. L'écriture "noble" d'Elisabeth Badinter n'est plus à prouver et sa recherche historique et humaine sur la vie. Le protrait de cet enfant, objet impitoyable d'une expérience aveugle, qui deviendra un adulte en déséquilibre est brossé autour d'un drame évocateur : car peut-il y avoir une éducation sans un minimum d'amour ? L'éducation est-elle considérée comme objet d'expérience qui plus est sur un petit humain fragile et vulnérable ? C'est aussi tout le débat aujourd'hui des réformes au gré du vent.

Posté par Martine

 

rien_ne_soppose.jpgRien ne s'oppose à la nuit/Delphine de Vigan - Editions JC Lattès, 2011

 

Résumé : Delphine de Vigan nous offre une plongée bouleversante  au coeur de la mémoire familiale où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis. Sur la 1ère de couverture, on découvre une photo d'une femme blonde, les yeux rêveurs, posés sur quelque chose ou quelqu'un qu'on ne devine pas. C'est Lucile, la mère de Delphine. C'est l'histoire bouleversante de cette mère maniaco-dépressive. Lucile et sa bipolarité, ses angoisses, ses internements, son absence du réel. Toute sa vie jusqu'à son suicide.

 

Extrait : "Lorsque j'ai fini par accepter l'idée d'écrire ce livre, après une longue et silencieuse négociation avec moi-même, je pensais que je n'aurai aucun mal à y introduire de la fiction, aucun scrupule à combler les manques. (...)  Je croyais pouvoir inventer, donner un souffle, une direction, créer de la tension, mener l'affaire d'un bout à l'autre sans ligne de faille ni point de rupture. Au lieu de quoi je ne peux toucher à rien. Il me semble que je reste des heures les mains en l'air, ficelée dans un horrible tablier de bouchère, terrorisée à l'idée de trahir l'histoire. Je cherche l'angle qui me permettra de m'approcher encore, plus près, toujours plus près, je cherche un espace qui ne serait ni la vérité, ni la fable, mais les deux à la fois."

 

Vous en parler : Delphine de Vigan réussit un tour de force sans pareil en nous permettant d'accèder à une écriture vive et aiguë, en nous invitant à partager son hommage envers celle qui l'a mise au monde. Car c'est bien de cela qu'il s'agit même si pour pouvoir "accoucher" d'un tel ouvrage, il a fallu dévoiler les secrets familiaux, raconter la succession de drames invraisemblables - mort d'enfant, inceste, folie, suicides à répétition -. L'enquête et les recueils de témoignages glanés auprès de chaque membre de sa famille rendent le tout plus lourd de sens et nous imbrique dans un écrit intime, sans doute son plus beau livre. Un vrai coup de coeur !

 

A découvrir du même auteur : "No et Moi" ; "Les heures souterraines" ; "Jours sans faim"...

 

jours_fragiles.jpgLes jours fragiles/Philippe Besson - Editions Julliard, 2004

 

Résumé : Les jours fragiles s'articule autour de l'écriture d'un journal intime, celui d'Isabelle, soeur cadette du grand Arthur Rimbaud. Le récit commence alors que le poète est au plus mal, amputé d'une jambe, il doit revenir parmi les siens qu'il a fui des années auparavant pour mener la vie qu'il souhaitait. Une vie d'interdit, de poésie, d'addictions imprononçables pour sa famille et notamment sa mère qui ne lui pardonne rien. Isabelle raconte dans son journal ce frère tant aimé, partage son chagrin de ne pouvoir lui venir en aide en accompagnant ses derniers jours.

 

Extrait : "Parfois dans ses délires, il libère sa parole. Je ne comprends pas toujours ce qu'il raconte mais au moins il parle. Il brise le silence, la glace en son coeur. Il m'apprend qu'à l'adolescence il a cherché d'autres rives et des langages nouveaux. Il a voulu s'approcher plus près de l'inconnu, dépasser toutes les sensations humaines. Il a aspiré à se retrouver sur un versant vierge où tout serait à inventer. Disponible pour toutes les expériences et les sacrifices dans l'espoir d'accèder là où nul n'avait accédé jusqu'alors.  Plus tard, alors qu'il ne paraît pas conscient, il murmure qu'il a écrit avec la sensation du vertige. Pendant de brefs et lumineux instants, il a inventé des mondes. Aussitôt, je me rappelle une de ses poésies, qui s'intitulait "Le Bateau ivre" : il n'avait jamais vu la mer.

 

Vous en parler : C'est écrit avec simplicité et audace pourtant. C'est une langue sensible qui nous attache à Isabelle, personnage central de l'histoire, soeur de Rimbaud, qui s'oublie dans une vie morne et solitaire. Elle rend l'histoire et le poète attachant, on croit au récit et non au roman de fiction, on aime l'homme qui finalement à choisir de vivre le plus intensément possible sa vie de nomade en batissant une oeuvre incandescente. On l'écoute nous souffler : "que la mort n'est pas une affaire si grave si on a vécu sa vie d'homme". Très beau roman !

 

A découvrir du même auteur : "Les amants" ; "Son frère" ; "En l'absence des hommes"...

 

Postés par Cathy

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 12:01

generosite.jpgGénérosité : un perfectionnement/Richard Powers - Edition Cherche Midi, 2011

 

Résumé : Thassadit Amzwar s'est réfugiée aux Etats-Unis à cause de la guerre civile algérienne où a péri une partie de sa famille. Elle possède, malgré ce passé douloureux, une joie de vivre tellement communicative qu'elle en devient suspecte. C'est précisemment ce que pense Russell Stone, son professeur d'écriture à l'université, qui trouve cette générosité innée si bizarre qu'il la met en relation avec une psychologue du campus. Quelques temps plus tard, Thomas Kurton, pionnier de la génomique, publie une étude sensationnelle : selon lui, il est possible d'identifier le matériel génétique, responsable de la propension au bonheur, et par conséquent de donner naissance à des êtres programmés pour être heureux...


Extrait : Puis vint le tour de Thassa. Elle lit ses mots comme si elle les découvrait à l'instant. Sa voix fait entrer Alger, sèche, blanche et impitoyable, dans la salle fluorescente. Elle lit et raconte comment, petite fille, elle a interrompu sa partie de ballon sous l'étendoir derrière la maison pour regarder trois hommes en déposer un quatrième dans le coffre d'une voiture. Elle raconte la mort de son père et, c'est presque poétique.

 

Commentaire : Et si le génome du bonheur existait vraiment ? On se laisse prendre au jeu, on se met à rêver au fil des pages ; en le lisant, on se bâtit une vie imaginaire...Dailleurs Powers est le 9ème être humain à avoir eu son génome décodé en entier, ce qui lui inspirera ce roman ! Roman scientifique qui se lit comme un roman. Il m'a beaucoup plu, d'abord par son style, facile, fluide ; et ensuite par la question, essentielle à mon sens, qui, tous un jour ou l'autre, nous a taraudé : c'est quoi le bonheur ? Sujet que les philosophes connaissent bien et qu'ils s'évertuent à résoudre. Après avoir refermé l'ouvrage, on ne peut manquer de se dire : génome ou pas, le bonheur n'est pas donné, il est à construire et cela ne dépend que de nous de savoir l'accueillir.

Posté par Martine

 

monologues du vaginLes monologues du vagin/Eve Ensler - Editions Denoël, 2005

 

Résumé : A partir d'interviews de plus de 200 femmes, Eve Ensler a rassemblé des témoignages sur la part la plus intime de la femme : son vagin. Depuis leur parution aux Etats-Unis en 1998, "Les monologues du vagin" ont déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, dans tant de lieux différents, devant des publics si divers... Mais que sont donc ces monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? C'est la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux, impertinent, tendre, subtil, violent parfois parce qu'on y parle de la violence infligée au corps féminin, le chef d'oeuvre d'Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et crainetes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière. (Traduit dans 45 langues et joué dans le monde entier).

 

Extraits :

"Quatre-vingts à cent millions de petites filles et de jeunes femmes ont subi des mutilations génitales. Bon an mal an, dans les pays où ces pratiques ont cours, quelque deux millions de fillettes doivent s'attendre à ce qu'un couteau, un rasoir ou un morceau de verre leur sectionne le clitoris et que leurs lèvres soient cousues, en partie ou totalement, à l'aide d'un fil et d'une aiguille."

 

"Mon vagin est en colère. Il en a ras le bol. Par exemple, prenez les examens. Qui a inventé les examens ? Il n'y aurait pas une façon plus agréable de les pratiquer ? Pourquoi ces étriers d'acier dignes des nazis, ce bec de canard infâme et glacé qu'on vous rentre dedans ? Cette lumière aveuglante comme si vous étiez sur une scène de music-hall ? Alors bien sûr, il se ferme. Il n'arrive pas à se décontracter. "Décontractez vous madame !" Mon vagin n'est pas fou, il sait bien qu'on va lui enfoncer un bec de canard glacé !. On ne pourrait pas trouver un beau velours rouge bien doux, m'allonger sur une surface de coton duveteux, placer mes pieds sur des étriers de fourrure ? Et chauffer ce bec de canard !  "

 

Commentaire : J'ai vu la pièce, il y a quelques années, accompagnée de mon mari. Peu d'hommes dans la salle mais ceux qui s'y trouvaient ont passé un moment si drôle et à la fois si touchant qu'ils en sont sortis, en tout cas je l'espère, (c'était le cas du mien), plus en osmose et en respect avec ce corps qu'ils connaissent souvent très mal parce que chargé de secrets. Si vous n'avez pas vu cette pièce, il faut courrir pour le faire, elle se joue en continu, partout, avec une fourchette de comédiennes qui se succèdent de saison en saison, représentantes de toutes les femmes et de tous les âges. L'auteur, au fil de ces rencontres, rajoute au texte de nouveaux morceaux de vie, dévoile de nouvelles joies ou douleurs et ouvre, sans cesse, les pistes intimes et infinies qui nous rappellent aux femmes.

Si vous n'avez pas de théâtre près de chez vous, lisez le livre, c'est un bonheur simple à partager entre copines, avec sa mère, sa voisine, son compagnon, son frère... Bref, faites passer...!

 

envie-copie-1.jpgL'envie/Sophie Fontanel - Editions Robert Laffont, 2011

 

Résumé : "Pendant une longue période, j'ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l'on considère la part colossale de sensualité qui a accompagné ces années où seuls les rêves ont comblé mes attentes - mais quels rêves. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu'est la caresse pour quelqu'un qui n'est plus caressé et qui, probablement ne caresse plus, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j'éprouve de la tendresse, je voulais faire ce livre".

 

Extraits :

Ma liberté devait être assortie à une disponibilité, sinon elle était un désordre. Je me débattais à plaider ma cause auprès de mes amis et certifiais que j'étais bien. Ils étaient effrondrés. S'il y avait une fête, ils venaient à tour de rôle s'asseoir près de moi, m'exposer ce qu'ils entendaient me faire vivre. A bien y regarder, ils voulaient que je sois comme eux (...) Guillaume, marié à une torturante, me jurait que si on se tenait à carreau, disait amen à tout, on s'en sortait. Maria, qui n'en pouvait plus de ses enfants et qui voulait que j'en fasse. Sabine et William, mornes échangistes, qui devaient absolument rester ensemble pour avoir quelque chose à échanger...

 

En me regardant dans la glace, je n'avais plus que ma personne indéterminée. N'importe quoi se révélait plus solide que mon être : en transparence, je croyais deviner les objets derrière moi. Je réalisais que la vie physique, c'est un autre qui vous la donne.

 

Vous en parler : Le titre m'a donné envie, il m'a fallu deux soirs pour être rassasié de cet appétit d'aller jusqu'au bout. Le ton est drôle, bourré d'anecdotes et de rencontres plus humaines et éclectiques que les autres. Le sujet pourtant paraît bien grave et Sophie Fontanel nous pousse à nous poser ces questions : Comment peut-on vivre sans sexe ? Lorsque ce choix est délibéré, doit-on pour autant se justifier ? Est-on toujours considéré comme misérable, fait-on pitié dans les conversations, doit-on rougir de ne plus avoir envie d'aller vers le plaisir ? Si on part du principe où nous évoluons tous à travers des histoires, des rencontres, des sensations ; alors, un jour, on peut perdre (ou ne jamais avoir trouvé) le goût de soi, comme de l'autre, on s'endort en quelque sorte. A l'abri, mais en veille. Toute inattendue soit-elle, une nouvelle rencontre peut créer l'ivresse du corps, de l'esprit et de l'âme. Amen !

Postés par Cathy

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Coup de coeur

 


l'idée ridicule L'idée ridicule de ne plus jamais te voir/Rosa Montero - Editions Métailié, 2015

 

Chargée d'écrire une préface pour l'extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de son mari, Pierre Curie, Rosa Montero s'est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l'analyse de notre époque et l'évocation intime.

Elle nous parle du dépassement de la douleur, du deuil, de la reconstructiond e soi, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l'ignorance, de la force salvatrice de la littérature...

Vivant, livre, original, ce texte étonnant, plein de souvenirs, d'anecdotes nous plonge dans le plaisir primaire qu'apporte une bonne histoire. Récit sincère et émouvant.