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Informations pratiques

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Bibliothèque municipale d'Auneuil

89, rue de la place

60390 AUNEUIL

 

Tél. 03 44 47 78 10

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 16:03

 

valise_livres.jpgTrois semaines de vacances loin de la bibliothèque et pourtant toujours connectée au "précieux", au trésor qu'elle recelle puisque je suis partie  en remplissant ma valise d'une dizaines de livres, rajoutant au poids des mules et nombreux t.shirts bariolés que bien évidemment je n'ai pas mis ou si peu. "Dis-donc Cathy, tu connais pas les e.books ? Tu sais, les tablettes électroniques où tu peux empiler des dizaines et des dizaines de bouquins !"...

 

J'aime le poids des livres, leur parfum ; j'aime tourner la page avec mes doigts, y glisser un marque-page fait main, j'aime laisser un livre sur un banc, duquel il aura disparu le lendemain pour réapparaître deux jours plus tard au même endroit, j'aime les écrivains.  

Les lectures m'ont accompagné partout ; j'ai savouré les mots près de l'océan, au milieu des pins, sous la couette et dans le transat.

 

Ce n'est que moi qui le dis mais voici quelques pépites que je partage bien volontiers avec vous.

 

coeur_cousu.jpgLe coeur cousu/Carole Martinez - Editions Gallimard, 2007

Résumé : "'Ecoutez, mes soeurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...

 

Extrait : Commença alors pour ma mère la période des fils de couleurs.
Ils avaient fait irruption dans sa vie, modifiant le regard qu'elle portait sur le monde.
Elle fit le compte : le laurier-rose, la fleur de la passion, la chair des figues, les oranges, les citrons, la terre ocre de l'oliveraie, le bleu du ciel, les crépuscules, l'étole du curé, la robe de la Madone, les images pieuses, les verts poussiéreux des arbres du pays et quelques insaisissables papillons avaient été jusque-là les seuls ingrédients colorés de son quotidien. Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boîte qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet.
Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge.
 

Vous en parler : Le Cœur cousu est un récit palpitant, superbement écrit. Premier roman de Carole Martinez, écrivaine, professeur de français dans un collège à hisIssy les Moulineaux qui dit vouloir écrire des histoires entre le conte et le roman. Le Coeur cousu est inspiré des histoires que lui racontaient sa grand-mère autour des grandes légendes espagnoles.  Chaque personnage mériterait  un roman à lui tout seul. On y trouve un homme qui sent le parfum de ses oliviers, un ogre, un révolutionnaire, une femme-enfant solaire, une autre qui donne la mort avec ses baisers... Cela parle d'une mère et de ses enfants, des filles, de la transmission de secrets, de prières, de croyances et de superstitions, d'une boite magique mystérieuse, d'amour et de douleurs, de beauté, de peurs...d'une fratrie extraordinaire. J'ai adoré !

  

carole-martinez.jpgDu domaine des murmures/Carole Martinez - Editions Gallimard, 2011

Résumé : Nous sommes au Moyen Age, au XIIème siècle, en France. Pour éviter un mariage qu'elle ne désirait pas, Esclarmonde  répond "non" lorsque le prêtre lui demande si elle veut épouser l'homme qui se trouve à ses côtés. et le sort des femmes à cette époque Elle dit s'être vouée à Dieu et selon son propre souhait, veut être emmurée vive dans une petite chapelle qui lui servira de tombeau puisqu'elle n'en sortira jamais. Tout nous apparaît alors qu'à travers de la petite fenêtre aménagée dans le mur de son cloître. Immobile, seule, coupée du monde, l'héroîne n'en est que plus lucide et va devenir au fil du temps d'abord la curiosité à aller voir puis la conseillère, l'élue qui partage sa clairvoyance et sa philosophie spirituelle. Jusqu'au jour où l'endroit va lui paraître bien exigu et contraignant...

 

Extrait : Je suis l'ombre qui cause. Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.À toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées. J'ai tenté d'acquérir la force spirituelle, j'ai rêvé de ne plus être qu'une prière et d'observer mon temps à travers un judas, ouverture grillée par où l'on m'a passé ma pitance durant des années. Cette bouche de pierre est devenue la mienne, mon unique orifice. C'est grâce à elle que j'ai pu parler enfin, murmurer à l'oreille des hommes et les pousser à faire ce que jamais mes lèvres n'auraient pu obtenir, même dans les plus doux des baisers.
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle.

 

Vous en parler : Et bien oui, un livre en appelle un autre et l'on ne peut découvrir Carole Martinez sans être attirée par les deux superbes histoires qu'elle nous conte. "Du domaine des murmures" (Prix Goncourt des lycéens 2011, Coup de coeur du Point 2011) est un roman d'une finesse rare où l'on parle de la condition féminine, du sort des femmes qui pour échapper à leur sort n'ont d'autre choix que d'être emprisonnée. Pour être libre se faire emmurer... Ecriture puissante, portrait lumineux de cette femme et de ceux qui l'entourent. Un roman, que dis-je, une merveille !

 

dix_enfants_madame-ming.jpgLes dix enfants que madame Ming n'a jamais eus/Eric-Emmanuel Schmitt - Editions Albin Michel, 2012

Résumé : Madame Ming aime parler de ses 10 enfants vivant dans divers lieux de l'immense Chine. Fabule-t-elle, au pays de l'enfant unique ? A-t-elle contourné la loi ? Est-elle un peu folle ? A-t-elle tout inventé ? Dans les  toilettes aux sous-sols de ce grand hôtel, madame Ming raconte.

 

Extrait : La tête ronde d'une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore désséché. Sitôt qu'elle s'exprimait, elle s'avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l'esprit. Madame Ming trônait sur son trépied, au sous-sol du Grand Hötel en cette province de Guangdong, au coeur de l'immense Chine, entre les carreaux de céramique blanche et les néons éblouissants, dans ces toilettes pour homme à l'odeur de jasimin où elle exerçait la charge de dame pipi.

 

Vous en parler : Dans les toilettes du Grand Hôtel, madame Ming est Dame Pipi aux latrines des hommes, cite volontiers Confucius - célèbre philosophe chinois-, parle de ses enfants avec amour et fierté, pose un regard humain sur la foule de mâles qui défilent chaque jour devant elle. Eric Emmanuel Schmitt dresse encore un portrait juste et brillant en délivrant des messages positifs et encourageants. Le titre nous dit tout et pourtant on ne cesse de s'interroger sur la véracité des propos de cette mère bouleversante. A lire d'un trait.

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Coup de coeur

 


l'idée ridicule L'idée ridicule de ne plus jamais te voir/Rosa Montero - Editions Métailié, 2015

 

Chargée d'écrire une préface pour l'extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de son mari, Pierre Curie, Rosa Montero s'est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l'analyse de notre époque et l'évocation intime.

Elle nous parle du dépassement de la douleur, du deuil, de la reconstructiond e soi, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l'ignorance, de la force salvatrice de la littérature...

Vivant, livre, original, ce texte étonnant, plein de souvenirs, d'anecdotes nous plonge dans le plaisir primaire qu'apporte une bonne histoire. Récit sincère et émouvant.